Coucou ici,
Pendant des années, j’ai laissé traîner. Je savais que j’avais un fibrome, mais je ne me suis pas inquiétée. Je me disais : « C’est pas si grave… je tiendrai bien encore un peu… » Notez la positivité de la nana qui se croit maligne.
J’avais déjà eu mon lot de soucis gynécologiques : ablation d’une trompe, puis d’une demi-trompe suite à une IST. Alors dans ma tête, je relativisais. Je me disais que mon corps avait déjà encaissé bien pire…
Mais pendant ce temps, le fibrome grossissait, silencieusement…
Mes règles étaient devenues un véritable cauchemar : elles revenaient toutes les deux semaines, tellement abondantes que je n’avais même plus le temps de récupérer. Déjà anémique de naissance, j’ai plongé dans une anémie très sévère, à la limite de la transfusion. Je ne tenais plus debout, je suffoquais, mon cœur battait à toute allure au moindre effort. Mais malgré tout ça… je continuais de faire comme si de rien n’était. la super warrior …. mais seulement dans la tête de toute évidence
Le jour de l’opération, les médecins pensaient en avoir pour 40 minutes, 1 heure maximum. Finalement… ç’a duré plus de 3 heures. Le fibrome avait totalement rempli mon utérus, s’était collé à ma vessie, à mes intestins, tout était englué. Le chirurgien a dû procéder à l’ablation de l’utérus par voie vaginale, dans des conditions complexes.
Mais le plus dur n’a pas été que physique…
Je suis déjà maman de trois grands enfants, devenus adultes aujourd’hui, issus de ma précédente union avec un homme violent. Cette période de ma vie a été marquée par la souffrance, la peur et les blessures invisibles.
Puis j’ai rencontré mon époux actuel, un homme bienveillant, respectueux, avec qui j’espérais fonder une nouvelle famille, construire un nouveau chapitre heureux de ma vie. Avoir un enfant avec lui, c’était pour moi un symbole de renaissance, d’apaisement, de réparation même…
Mais le sort en a décidé autrement…
Trois FIV. Trois échecs. Trois montagnes russes émotionnelles. Trois fois où je me suis autorisée à espérer… pour mieux retomber.
Et aujourd’hui, sans utérus, tout espoir de grossesse est définitivement derrière moi.
Le « mal de mère »… un deuil invisible
Même si j’ai déjà eu la chance d’avoir des enfants, ce désir d’enfant avec mon époux était un projet de couple, un rêve commun.
Le « mal de mère », ce n’est pas juste l’absence d’enfant. C’est le deuil d’un projet, d’un avenir qu’on imaginait, de moments qu’on ne vivra jamais.
C’est pleurer en silence en croisant une femme enceinte. C’est éviter les rayons bébé dans les magasins. C’est ressentir un vide physique et émotionnel. C’est ce pincement au cœur quand on entend un bébé rire ou pleurer. C’est aussi cette culpabilité sourde : pourquoi ça ne marche pas, alors que d’autres y arrivent ?
Ce mal-là ne se voit pas. Mais il ronge.
Et aujourd’hui…5 semaines plus tard
Aujourd’hui… je suis là, vivante, mais pas indemne.
Physiquement, je me remets doucement. Mais psychologiquement, c’est une autre histoire…
La dépression post-opératoire, on n’en parle pas assez. Pourtant, elle est bien là… permanente, sourde, collante. Chaque jour, je me réveille avec cette boule au ventre, cet immense vide que rien ne comble. Je me sens comme « incomplète », amputée d’une partie de moi, autant physiquement qu’émotionnellement.
Je souris devant les autres, parce que c’est plus simple que d’expliquer. Mais à l’intérieur, c’est un mélange de tristesse, de colère, d’épuisement et de résignation.
Je dois apprendre à faire le deuil de mon utérus, de mon rêve d’enfant avec mon époux, mais aussi à faire le deuil de la femme que j’étais avant cette opération.
Je voudrais dire à celles qui vivent ou vivront ça :
👉 C’est normal de pleurer. 👉 C’est normal d’être en colère. 👉 C’est normal de ne pas se sentir bien, même longtemps après. 👉 Et surtout… c’est normal d’avoir besoin d’aide.
Je sais que le chemin est long… mais je sais aussi qu’un jour, la lumière reviendra un peu plus. Petit à petit.
À toutes celles qui se battent en silence : je vous comprends. Je vous serre fort, même de loin.
Un message pour celles qui hésitent… et pour ceux qui peuvent donner
On ne meurt pas directement d’un fibrome, c’est vrai. Mais les conséquences, elles, peuvent être mortelles :
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Anémie sévère, comme celle que j’ai connue.
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Hémorragies importantes.
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Fatigue extrême, jusqu’à ne plus pouvoir vivre normalement.
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Compression d’organes voisins, avec des risques sur la vessie, les intestins…
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Et psychologiquement… un vrai parcours du combattant.
Et à toutes celles et ceux qui hésitent à faire un don : le don d’ovocytes, le don de sperme… c’est offrir une vraie chance à des couples qui n’ont plus d’autre solution. Derrière chaque parcours PMA, il y a des histoires, des douleurs… mais surtout beaucoup d’espoir.
👉 Écoutez votre corps. 👉 Ne laissez pas traîner. 👉 Et si vous le pouvez, pensez au don. C’est un geste qui peut littéralement changer une vie.
Enjoy